Veronica Mars : décryptage d’un pilote mémorable

Veronica Mars pilote

La sortie imminente du film Veronica Mars (le 14 mars) a été l’occasion pour beaucoup de se replonger dans la série culte de Rob Thomas, arrêtée en 2007. Dix ans après son lancement sur feu UPN, son pilote n’a pas pris une ride. Décryptage d’un modèle du genre.

Difficile de réaliser le pilote parfait, celui qui saura exposer avec justesse le ton de la série, ses personnages et ses enjeux, le tout en retenant l’attention du téléspectateur. Le pilote de Veronica Mars réussit cette alchimie délicate. La voix-off de sa jeune héroïne (un exercice compliqué parfaitement maîtrisé) nous immerge dans son monde. Tout commence par son arrivée, un matin comme tant d’autres, au lycée de Neptune High. Wallace, un malheureux « newbie », se trouve attaché à un poteau, exposé à la vue de tous les élèves. Seule une personne brave les moqueries et les éventuelles représailles pour lui porter secours : c’est Veronica Mars. Et tandis que la jeune fille se fait un nouvel ami et l’aide dans la foulée à se sortir d’un mauvais pas, on en apprend plus sur son histoire.

Welcome to Neptune High

Pour raconter comment Veronica s’est retrouvée paria de son lycée, Rob Thomas use de flashbacks aux couleurs saturées et au rendu flou, comme dans un rêve éveillé adolescent. L’influence de David Lynch se fait sentir, aussi bien dans les scènes de planque de Veronica la nuit (la séquence où elle observe Jake Kane dans un motel aux néons rouges et bleus) que dans les flashbacks cotonneux, bientôt rythmés par les apparitions fantomatiques de Lily Kane. Ces séquences, avec une héroïne naïve aux longs cheveux blonds, évoquent aussi le Virgin Suicides de Sofia Coppola. Le soin tout particulier apporté par le showrunner à la réalisation (des plans soignés et variés) et à la photographie (avec une palette de couleurs différente selon les lieux) distingue d’emblée le show des autres séries pour ados, genre auquel elle appartient en partie. Le pilote permet de découvrir les lieux phares de la série, qui ne changeront pas (ou si peu) durant les deux premières saisons : le lycée de Neptune High, la plage sur laquelle Veronica promène son fidèle Backup (vous remarquerez que le chien change entre le pilote et la reste de la série), l’appartement des Mars, le commissariat de police, l’entreprise Mars Investigation ou encore les maisons des riches lycéens.

Veronica Mars Lily

Visuellement marquante, la série accroche aussi par son scénario : quoi de plus intriguant et addictif qu’un meurtre non-résolu ? Ce premier épisode expose avec brio les deux grandes énigmes de la saison 1 : qui a tué Lily Kane (emprunt au Twin Peaks de Lynch) ? Et que s’est-il passé lors de cette fameuse soirée chez Shelly Pomroy ? Le ton de la série, qui lorgne du côté du polar et des romans de Raymond Chandler (avec une héroïne façon Philip Marlowe en jupons), est posé. Mais Veronica Mars a plusieurs visages, esquissés dans ce pilote : série sur l’adolescence et ses aléas, polar rondement mené, mais aussi réflexion autour des relations familiales (avec une relation père / fille passionnante) et nouvelle version de la lutte des classes (les riches de Neptune face aux pauvres qui travaillent à mi-temps pour espérer aller à l’Université).

« You ‘re a marshmallow Veronica Mars. »

Et puis comment ne pas craquer pour Kristen Bell, sur laquelle repose tout le charme de la série ? Sa voix, son sens de l’humour sarcastique porté en étendard, son sublime sourire, son empathie… Même Weevil, le chef d’un gang de motard macho et violent auquel elle a à faire dans le pilote, ne peut pas lui résister. Car derrière son blindage de façade, Veronica reste une adolescente ultra-sensible, toujours prête à aider son prochain, qui rêve plus que tout de voir ses parents réunis. Wallace, son nouvel ami, lui fait remarquer dans le pilote : « You’re a marshmallow Veronica Mars. ». La réplique deviendra culte, au point que les fans de la série sont depuis appelés les «Marshamallows».

Veronica Mars pilote

Le reste du casting est tout aussi réussi : l’alchimie entre Kristen Bell et l’excellent Enrico Colantoni, qui interprète son père, saute au yeux dès ce premier épisode. Leur relation particulière – fondée sur la confiance et une grande autonomie accordée par Keith à sa fille – est une des clés de voute de la série. Elle se singularise une nouvelle fois de ses congénères, où les relations familiales s’avèrent bien souvent caricaturales et traitées en second plan. L’autre homme de la vie de Veronica Mars, Logan Echolls est tout aussi bien casté. Si dans ce premier épisode, on peut difficilement imaginer la tournure que prendra leur relation, Jason Dohring s’illustre déjà dans ce rôle de fils à papa « bad boy » et incontrôlable. La petite erreur de casting, si on doit en trouver une, serait celle de Duncan Kane. Le premier amour de Veronica Mars, incarné par un Teddy Dunn limité, se retrouve rapidement dépassé par le charisme de Jason Dohring, et l’alchimie de ce dernier avec Kristen Bell.

Veronica Mars a souvent été évoquée comme une série « tombée amoureuse de son actrice principale ». Si coup de foudre il y a eu, il était en fait prémédité. Dès le pilote, les intentions de Rob Thomas sont claires comme de l’eau de roche : Veronica Mars (appelée par son nom complet plusieurs fois dans le pilote, pour marquer un peu plus son empreinte) est un beau personnage, aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Elle possède plusieurs visages – dur à cuire, sexy, femme-enfant, fille à papa – exposés par petites touches dès le pilote. Elle  peut incarner toutes les femmes. Elle est la femme idéale. Veronica Mars, qui peut lui résister ?

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2 comments on “Veronica Mars : décryptage d’un pilote mémorable
  1. Ah Veronica Mars … Mais quel bijou cette serie, j’ai hate de decouvrir ce film . Elle m’avait laissé toute triste veronica dans cette derniere scene de la saison 3 (saison en dent de scie qui se revelera reelement dans ses derniers episodes) avec une veronica venant de voté partant avec son parapluie sous une pluie diluvienne (et dieux sait qu’a neptune on en a pas souvent eut, de la pluie)

  2. Haaaaaaaa, Véronica Mars… Sans un aucun doute un grand bijou de série! Une petite pépite au milieu des séries pour ado « classiques » et qui a pris sa place pour moi au côté de la très grande Buffy!
    Je compte les jours avant la diffusion du film depuis que j’ai vu le génial appel pour le kick stater!!^^
    D’ailleurs, j’en ai profité pour faire découvrir les trois saisons à ma soeur (et donc me les refaire avec un plaisir non feint!^^)

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