Cette semaine dans le podcast de Season One, je vous parle d’une mini-série diffusée depuis le 11 janvier sur la chaîne France Ô. Il s’agit du thriller argentin Epitafios, diablement efficace et produit par HBO Latino.
Crée par Marcelo et Walter Slavich en 2004, Epitafios possède un synopsis digne du Seven de David Fincher. L’histoire se situe à Buenos Aires, où un tueur en série s’en prend aux protagonistes d’un terrible drame survenu cinq ans plus tôt. Une prise d’otage par un prof déséquilibré avait coûté la vie à quatre adolescents. De nos jours, le tueur prépare à l’avance des pierres tombales pour ses futures victimes, avec leur nom gravé et une épitaphe personnalisée qui se révèle tragiquement vraie. Le vieux commissaire Benitez flanqué d’une jeune recrue arrogante, Martin Jiménez, mène l’enquête. Quand il réalise que l’affaire est liée à celle de la prise d’otage aux conséquences tragiques, Benitez demande de l’aide à son ancien partenaire, Renzo Marquez. Devenu chauffeur de taxi suite à une dépression nerveuse, Renzo doit bientôt replonger dans un passé qui l’a anéanti, et dans lequel figure aussi Laura Santini, une psychiatre liée à cette prise d’otages.
Un tueur machiavélique
Cette mini-série en 13 épisodes ne ressemble pas aux séries policières formatées des networks américains, ni même à celles du câble américain. Plongée sombre dans le Buenos Aire « by night », Epitafios est à ranger du côté des thrillers dans la mouvance du culte Seven, de David Fincher. Le tueur, horriblement intelligent, joue avec ses victimes et la police. Les scènes de crime apparaissent à la fois glauques à souhait et esthétiquement très travaillées. On pense aussi à un Silence des agneaux moderne. Les personnages impliqués, notamment les flics, vivent une véritable descente aux enfers. Ils sont interprétés avec conviction par des acteurs argentins peu connus chez nous – Julio Chavez, Paola Krum, Cécilia Roth – ce qui permet de ne les appréhender que par leurs personnages respectifs. Seul bémol pour la diffusion française : le doublage aurait pu être plus soigné. Il faut s’habituer à des voix qui n’apparaissent pas adaptées à la stature des différents acteurs, surtout masculins.
No happy ending !
Ce petit bémol mis à part, cette mini-série se révèle très efficace. Au fur et à mesure, le suspens d’Epitafios devient insoutenable et le téléspectateur n’a pas d’autre choix que de regarder l’épisode suivant. Je n’ai pas encore terminé la série, mais les choses lues par-ci par-là sur internet sur la série vont toutes dans le même sens : le final d’Epitafios vaut largement le détour, et se passe d’un happy end à l’hollywoodienne. Les frères Slavich ont eu la bonne idée de prendre le meilleur des codes du thriller et de les adapter à leur vision personnelle. Par exemple, l’ancien flic Renzo n’est pas vraiment la figure du mec vaguement dépressif, revenu de tout et insensible, trop souvent vu dans les séries américaines ou françaises. Dès le premier épisode, il éclate en sanglots par deux fois.
Il faut dire que l’on n’est pas sur la FOX ou CBS : Epitafios, diffusée pour la première fois en 2004 en Argentine, est la première série produite par la branche HBO Latino. Cette chaîne dérivée du HBO américain propose des programmes en langue espagnole dans plusieurs pays d’Amérique Latine. En ce moment par exemple, HBO Latino produit la série Capadocia, tournée pour la première fois au Mexique et centrée sur l’univers carcéral féminin. On vous reparlera bientôt de l’histoire de la chaîne HBO, dont la prochaine série Luck, très attendue débutera le 5 février prochain. En attendant, je vous invite à découvrir Epitafios, excellent thriller sombre et haletant, qui régalera les fans du genre.
-Ecouter cette chronique sur le podcast de Season One 121, consacré à la série Luck.
-Epitafios : tous les mercredis (22h55) et vendredis (00h10) sur France Ô depuis le 11 janvier. Si vous l’avez raté, le coffret intégral de l’unique saison est dispo sur Amazon.fr :









Tu ne précises pas si nous voyons le tueur agir ou si nous découvrons ces crimes après coup ?